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Nous pouvons dorénavant commencer à tirer les conséquences de la période de confinement sur l’activité économique des officines.

La première conséquence directe est une perte moyenne d’activité de l’ordre de 25% pour les chiffres d’affaires du mois d’avril 2020 avec malgré tout des cas de figure très disparate en fonction des typologies des officines (cela va d’un maintien de CA par rapport à avril 2019 à des baisses pouvant aller jusqu’à -70%).

Sur une officine moyenne la perte représente environ 30 k€ de CA et 10 k€ de perte de marge sur le seul mois d’avril 2020.

Nous attaquons maintenant la période de déconfinement depuis le 11 mai. Cela devrait permettre de retrouver une croissance pour l’ensemble de l’activité économique et en particulier des officines.

Et il semble effectivement que cette semaine, les pharmaciens retrouvent certains clients avec des ordonnances traditionnelles, qu’ils voyaient beaucoup moins en période de confinement.

Néanmoins, les mesures de protection sanitaires à respecter, le maintien du télétravail pour une grande partie des salariés, font que nous sommes encore loin de retrouver des conditions d’exploitation normales et donc la rentabilité antérieure à la crise.

Retrouvez l’interview de Carole Lejas, Expert-comptable , Présidente de la Commission Pharmacie du réseau Exco, dans l’émission Gestion Pharma par Nathalie Croisé – Pharmaradio.

Quelles sont les mesures d’aides mises en place ?

Les mesures d’aides mises en place pour faire face à cette crise ont déjà été largement développées au sein de l’émission « Gestion Pharma » ou dans « Les Experts vous répondent » avec Franck Stepler.

On peut les résumer à :

  • La mise en place des mesures de chômage partiel
  • Les arrêts maladie COVID 19 (Personnes à risques, gardes d’enfants)
  • Le report des échéances d’emprunt de 6 mois
  • La mise en place d’un Prêt Garanti par l’Etat appelé PGE
  • Le décalage du paiement des charges sociales sur la masse salariale
  • Le décalage du paiement des charges sociales du pharmacien titulaire
  • Depuis le 1er mai le versement de l’acompte sur l’indemnité de la CPAM pour perte d’activité
  • Et localement le versement d’aides régionales

L’ensemble de ces mesures est parfaitement développé et mis à votre disposition sur notre plateforme digitale dédiée au secteur de la pharmacie d’officine et à tous les acteurs du marché sur notre site exco.fr.

Nous vous incitons vivement à le consulter.

Avec le retour d’une croissance d’activité et à terme un retour à la normale ces mesures devraient s’amenuiser. Par exemple, on annonce déjà une baisse de la prise en charge du chômage partiel à compter du 1er juin 2020.

Quelles sont les conséquences de la crise ?

On peut légitimement commencer à s’interroger sur les conséquences de l’ensemble de ces mesures sur les bilans comptables de nos officines.

On peut estimer qu’il va y avoir deux volets à appréhender :

  • Un premier volet immédiat sur l’impact bilanciel de l’ensemble de ces mesures.
  • Un second volet sur les valeurs de marché des officines.

1- L’IMPACT IMMEDIAT : IL SE TRADUIT PAR UNE CROISSANCE DU PASSIF

En effet, un certain nombre de mesures a pour conséquence d’augmenter les dettes de la société.
Par exemple :
– Le décalage du paiement des charges sociales : qui a permis de préserver la trésorerie mais augmente le passif social.
– Le décalage de 6 mois des emprunts : qui a permis de préserver le fonds de roulement de l’officine mais qui rallonge d’autant le délai d’endettement financier.
– Le Prêt Garanti par l’Etat : qui augmente le montant de l’endettement de l’officine et donc détériore le ratio d’autonomie financière et par conséquence qui détériore la capacité d’endettement ultérieure pour des projets d’investissements par exemple.

L’augmentation du passif d’une société, s’il n’est pas compensé par une croissance des actifs (de la trésorerie par exemple) entraîne une baisse proportionnelle de la valeur de la société, une baisse de la valeur des parts sociales.

Une autre des conséquences de la croissance du passif est également le coût financier que génère ce nouveau passif.

Ce ne sera pas le cas avec les mesures de décalage de paiement de charges sociales qui se font sans intérêt ou pénalités financières.

Par contre les mesures financières que ce soit le décalage des emprunts ou la mise en place du PGE se font avec une contrepartie avec un coût bancaire.

En ce qui concerne le coût bancaire du PGE il est grandement minoré lors des 12 premiers mois car seul s’applique le coût de la garantie BPI à savoir 0.25%, ce qui est très faible. Mais au terme de la première année, si le PGE n’est pas remboursé le coût de la garantie augmente chaque année et surtout le taux d’intérêt de la banque se rajoutera.

Or nous constatons d’ores et déjà une remontée des taux d’intérêt et nous ne connaissons pas à cette heure les taux qui seront appliqués dans un an !

2 – L’IMPACT SUR LES VALEURS DE MARCHE :

Cet impact sur les valeurs de marché va être de deux niveaux.

 

LE PREMIER NIVEAU :

Très logiquement les chiffres d’affaires et les rentabilités des officines vont être impactés à la baisse par la crise COVID-19 sur l’année civile 2019.

Or nos méthodes traditionnelles d’évaluation des fonds de commerce d’officines se basent premièrement sur leur volume de chiffre d’affaires et deuxièmement sur leur rentabilité et plus concrètement sur l’EBE. Nous devons donc commencer à réfléchir sur le traitement de ces données afin de savoir quelles méthodes nous pourrons développer pour intégrer ces éléments dans les évaluations des officines.

Devrons-nous les retraiter en essayant de gommer l’impact COVID 19 ou au contraire devons-nous le prendre en compte en estimant que c’est un risque qui doit dorénavant être intégré dans les évaluations d’officine et de ce fait diminuer les valeurs de marché ?

 

LE SECOND NIVEAU :

On a constaté que la crise n’avait pas impacté toutes les officines de la même façon. La fourchette est très large : on va d’un maintien de CA pour certaines à une perte jusqu’à -70% pour d’autres.

La typologie de l’officine a donc eu une grande incidence sur le volume de ces impacts.

Les officines qui ont le moins souffert sont souvent les officines en milieu rural.

En effet, elles ont pu jouer leur rôle de conseil de proximité auprès d’une clientèle, captive, en confinement, et même retrouver la clientèle qui avait l’habitude de se servir auprès d’officines plus proche de leur lieu de travail. On a également constaté que la clientèle a préféré retrouver un cadre plus préservé plutôt que de se déplacer dans de grands ensembles, avec une clientèle plus nombreuse, et donc un risque de contracter le virus plus important.

À l’inverse, les officines qui ont le plus souffert sont les officines :

  • De centre commerciaux
  • De centre-ville qui bénéficiaient d’une clientèle de passage importante et non pas d’une clientèle de quartier
  • Et Les officines qui présentent un volume important d’activité de parapharmacie et de conseil.

Ce sont ces officines-là qui ont subi le % de baisse de CA le plus important.

Et étonnamment, ce sont les officines qui bénéficiaient avant la crise des valeurs de marché dans les fourchettes les plus élevées, car ce sont les affaires les plus attractives et les plus recherchées. Or ,ce sont elles qui se sont révélées être les plus fragiles dans ce contexte de crise COVID19.

Nous pouvons donc légitimement nous poser la question d’une remise en cause ou d’une modulation à la baisse des coefficients de valeur de marché de ces typologies d’officine.

 

Pour finir, quelles sont vos recommandations ?

Les mesures d’aide à mettre en œuvre pour faire face à cette crise sont nombreuses et elles sont vitales pour la survie des entreprises.

Mais il y aura des incidences qu’il faudra piloter. Pour cela, il faudra notamment établir des budgets prévisionnels d’exploitation, afin de prévoir l’avenir et prendre les bonnes décisions de gestion.

Il faudra également s’adapter aux conséquences de la crise sur le marché et notamment à l’incidence que cela aura sur le marché bancaire pour les projets futurs et le coût des endettements à venir.

 

< Coronavirus : Les pharmaciens face au coronavirus

Auteur

Carole Lejas

Expert-comptable

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